Dans notre enquête “Être écolow-tech dans l’Italie de Meloni et la Hongrie d’Orban” (LTJ n°15), nous avons montré comment l'extrême-droite menace les initiatives écologiques.
Aujourd’hui c’est en France que leurs méthodes sont à l’œuvre.
Plutôt que de réprimer, ils épuisent les initiatives écologiques en les privant de subventions. Ça s'appelle le "libéralisme-autoritaire".
Une stratégie qui rappelle le glissement vers le fascisme sans violence, décrit par Karl Polanyi dans La grande transformation.
L’ESS étouffe : beaucoup d'associations sont en grande difficulté financière. Un immense plan social se prépare, sans bruit. Notamment dans le secteur culturel (source).
Comme nous l’expliquait Vincent Liegey (fondateur de Cargonomia, une expérimentation low-tech et décroissante) : en Hongrie, les écolos ne se rebellent pas... Ils s’épuisent à la tâche, puis s’en vont.
Dans leur livre L’État contre les associations, Julien Talpin et et Antonio Delfini ont révélé des pratiques similaires en France.
Ici, 102 médias du Syndicat de la Presse Pas Pareille — dont le Low-Tech Journal est membre — ont saisi le Haut Conseil à la vie associative pour dénoncer “des attaques (...) sournoises, mettant en avant des raisons fallacieuses ou se dissimulant sous des prétextes financiers (baisse des budgets)."
Ces faits sont graves. Nous les dénonçons et nous soutenons les membres du SPPP.
Malheureusement, cette dérive était prévisible.
Il est urgent que la presse progressiste et écologiste s'autonomise des subventions. Sans quoi, elle n'a pas d'avenir.
C'est pourquoi le Low-Tech Journal a rejoint la Coop-Media.
C'est pourquoi nous évitons les kiosques, où 80 % de nos magazines resteraient invendus (on privilégie les abonnements collectifs en bibliothèque et tiers-lieux).
C'est pourquoi on propose 2 pages de pub rémunérée à des entreprises qui partagent nos valeurs. "Ceux qui sauvent la planète ont aussi droit à une bonne grosse pub" !
On préfère évoluer dans les marges, "ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !", plutôt que d’être à la merci d’un changement réglementaire sournois.
Et c’est pour cela qu’au nom de toute l’équipe du mag, je voulais vous remercier.
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Alors, au nom de toute l'équipe, Merci !
Laura, Mathilde, Capucine, Arnaud, Jacques et bien d'autres…